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A Touch of Zen , film taïwanais de King Hu, sorti en 1970

Analyse critiqueModifier

Gu Shengzai, vieux garçon lettré exerçant la profession de peintre et d’écrivain public, mène une vie tranquille avec sa mère, laquelle cherche à tout prix à le marier. Lorsqu’une nouvelle voisine vient s’installer près de chez eux, l’occasion semble inespérée. Mais cette jeune fille mystérieuse n’est autre que Yang Huizhen, dont le père a été assassiné par la police politique du grand eunuque Wei, recherchée pour trahison.

King Hu, conforté par des succès commerciaux, peut se consacrer à A Touch of Zen, un projet personnel ancien adapté d’un classique de la littérature chinoise. Sorti en 1970 et 1971, le film est sélectionné au Festival de Cannes en 1975, et attire l’attention sur un réalisateur peu connu en Occident. D’une durée de trois heures inhabituelle pour un film d’action, A Touch of Zen est considéré comme un wuxia étalon de l’histoire du cinéma. Ce genre initié à Hong Kong dans les années 60 avait engendré des adaptations de romans de chevalerie classique ou d’arts martiaux. King Hu y a intégré l’apport de l’opéra chinois, les scènes de combat étant réglées telles des chorégraphies, et le déplacement des personnages obéissant à une fluidité permanente. En fait, A Touch of Zen révèle des influences diverses. Le montage et l’utilisation du scope font songer aux westerns spaghettis et le film emprunte aussi au mythe du samouraï japonais, qui avait connu son apogée avec Les sept samouraïs d’Akira Kurosawa.

Mais King Hu est tout autant inspiré par la peinture traditionnelle et les symboliques de la religion bouddhiste, représentée ici par le moine qui apporte sa protection à l’héroïne. L’interférence entre ces sources culturelles, qui puisent dans l’art noble tout autant qu’à la mythologie populaire, n’est pas la moindre qualité d’une œuvre foisonnante, conciliant virtuosité technique et somptuosité plastique. On peut noter aussi d’audacieuses métaphores politiques, les agissements de la police du grand eunuque n’étant guère éloignés des méthodes des gardes rouges au cours de la Révolution culturelle.

« Avec A Touch of Zen, King Hu mélange habilement les genres – thriller politique, film d’arts martiaux à la limite du surnaturel – dans une œuvre d’une beauté plastique à couper le souffle. Cette fresque audacieuse est un parfait condensé du film de wuxia (film de sabre chinois) : des combats acrobatiques hallucinants de maîtrise, une photographie splendide où les couleurs brillent de tout leur éclat, et une introduction à la philosophie bouddhiste qui confère au film un mysticisme prononcé. A Touch of Zen est le chef-d’œuvre de King Hu. »(Carlotta film)

DistributionModifier

  • Hsu Feng : Yang Hui-chen
  • Roy Chiao : Hui Yuan
  • Chun Shih : Ku Shen Chai
  • Ying Bai : Général Shih Wen-chiao
  • Billy Chan
  • Chang Ping-yu
  • Hsue Han : Docteur Lu Meng
  • Han Ying-chieh : Hsu

Fiche techniqueModifier

  • Titre original : Hsia nu
  • Réalisation : King Hu
  • Scénario : King Hu, d'après l'œuvre de Pu Songling
  • Pays d'origine : Taïwan
  • Durée : 200 minutes (version taïwanaise en deux épisodes) ; 180 minutes (version restaurée)
  • Date de sortie : 1970
Touchofzen
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