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Ethel, femme volage, gagne sa vie en posant nue mais souhaite devenir comédienne. Bien que son jeu de scène soit franchement médiocre, elle est remarquée, lors d'une audition, par le metteur en scène allemand Lucas Kesling, crapuleux et dominateur. Ce dernier prépare une version très personnelle des « Possédés » de Dostoïevski et offre un rôle à la jeune femme dont il ne tarde pas à faire sa maîtresse. Elle tombe sous la dépendance de Lucas. Milan, un émigré tchèque manipulé par ce même Lucas est impliqué dans un attentat. Possédée par Lucas, Ethel s'éprend de Milan.

Un an avant l'Amour braque et son romantisme décharné et tragicomique, Zulawski réalise cette fable violemment grinçante et satirique sur le milieu du spectacle. Lucas Kesling est un vrai mégalomane adulé par la critique qui rencontre la jeune Ethel, dont l'auteur semble se moquer à demi-mot : l'actrice cabotine volontairement, pour satisfaire les attentes de Lucas dont elle deviendra rapidement la maîtresse.

Devant le piège d'une œuvre prétentieuse qui ferait de la mise en abîme gratuitement, Zulawski brouille les pistes, fait éclater tous les lieux communs, et l'effusion passionnelle prend le relais. Le film devient complexe, les sous-intrigues se multiplient sans aucun lien apparent, la trame se perd sans beaucoup d'explications. C'est là toute la force de ce film baroque que de tromper les attentes du spectateur, de déchiqueter les tonalités, par simple plaisir de faire dans l'anarchie filmique.

De plus, Zulawski sait insérer des scènes d'une surprenante beauté dans cette farce hystérique communicative, grâce à la maestria formelle du cinéaste. Le spectateur découvre une profusion d'idées de cinéma, d'esthétiques différentes, du sordide des scènes de sexe, comme toujours très frontales, et des appartements parisiens miteux, à la valse romantique d'une ballade nocturne dans la capitale.

En 1984, la présentation à Cannes attira aussi bien des sifflets que des applaudissements, le grotesque volontaire du film sait aussi bien être sublime que ridicule. Mais en tous cas, Zulawski sans prendre de gants, força le respect pour son dynamisme et cette énergie comparables à aucune autres.

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