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Le jour où la terre s'arrêta (The Day the Earth Stood Still) est un film américain réalisé par Robert Wise, sorti en 1951.

Analyse critique[]

Un mystérieux engin volant à une vitesse incroyable est entré dans l'atmosphère terrestre, parcourant de nombreux continents, et finit par atterrir dans un parc de Washington aux États-Unis.

Un extra-terrestre descend de la soucoupe et demande à rencontrer le chef terrien. Des militaires soupçonneux lui tirent dessus, alors qu'il s'apprête à présenter un cadeau pour le Président. L'extra-terrestre, un être ressemblant trait pour trait aux Terriens, est blessé. Un robot descend alors de la soucoupe et détruit toutes les armes à l'aide d'un rayon.

Klaatu, l'extra-terrestre est quant à lui emmené dans un hôpital pour y être soigné. Vite rétabli, à la stupeur des médecins, il décide d'employer des méthodes plus démonstratives pour montrer sa supériorité et espérer rencontrer les grands responsables de la Terre pour leur transmettre le message dont il est porteur. Pour cela, il va devenir un humain comme les autres et côtoyer les Terriens de plus près.

Sur les conseils d'un professeur, ressemblant à Albert Einstein, dont il est devenu l'ami, il va arrêter toute énergie sur Terre pendant une demi-heure (sauf les hôpitaux, les avions )... Sa démonstration a été convaincante, mais il est maintenant recherché activement par la police et les militaires, qui vont finir par le tuer. Son robot Gort viendra à son secours et lui redonnera la vie, juste à temps pour lui permettre de délivrer son message de paix aux habitants de la Terre, qu'il met en garde contre l'utilisation de la puissance atomique et les risques que la Terre peut faire encourir à l'équilibre précieux de tout l'Univers.

Ce film est l'un des premiers, à contre-courant total avec son époque, à mettre en scène un extraterrestre venu avec des intentions pacifiques. Demande du public en effets spéciaux (nommés alors plus simplement « truquages ») oblige, un malentendu venant d'une initiative catastrophique d'un soldat déclenchera une destruction sauvage des armes terriennes par un robot invulnérable. Le film se termine bien : malgré sa puissance le robot ne détruira pas la Terre car Klaatu a appris a apprécier les humains.

Le premier intérêt du film est de montrer un extra-terrestre au visage absolument impassible, hermétique à toute émotion, voire indifférent, comme s’il incarnait la Raison même, pure et froide, débarrassée de toute affectivité, et de l’opposer aux réactions humaines, souvent irrationnelles, toujours entachées de mouvements passionnels (préjugés, méfiance, agressivité, égoïsme, etc.) qui finissent par altérer le jugement. De ce contraste entre Klaatu et les Terriens naît, chez le spectateur, le sentiment que rien ne sera simple pour que les deux parties puissent au moins communiquer, à défaut d'échanger : le film ménage ainsi un suspens d’une rare intensité, d’autant plus qu’il vise à nous faire nous interroger sur nous-même et à remettre en question notre prétendue capacité à dominer nos passions.

Au début des années 1950, alors que la Guerre Froide entre les Etats-Unis et l'Union Soviétique stalinienne bat son plein, le sénateur McCarthy entreprend une chasse aux sorcières visant à exclure du système médiatique (cinéma, presse, TV, radio...) toute personne soupçonnée d'"activités anti-américaines", c'est-à-dire de sympathie avérée ou supposée pour le communisme et donc pour l'Union Soviétique. Cette dernière a réussi à se doter de la bombe atomique en 1949 et, même si elle ne dispose pas encore de vecteurs suffisamment performants pour menacer concrètement le territoire américain, il est clair pour tout le monde que le danger viendra du ciel : avions ou missiles... ou nouvelles armes. Tout Objet Volant Non Identifié peut donc être une nouvelle arme soviétique ou une arme secrète de services américains.

Contrairement aux films de cette période, comme par exemple Les Envahisseurs de la planète rouge de William Cameron Menzies, les visiteurs du Jour où la terre s'arrêta ont des visions beaucoup plus pacifiques. Klaatu, l'extraterrestre qui descend de la soucoupe volante posée en plein cœur de Washington, est venu pour mettre les hommes en garde contre l'arme atomique. L'équilibre de l'univers est en jeu et dans cet ensemble harmonieux, la Terre et la race humaine font figure d'enfants jouant avec des allumettes.

L'accueil des humains est loin d'être amical. Pour échapper à une chasse à l'extra-terrestre organisée par l'armée et les autorités locales, Klaatu se fond dans la masse des hommes pour mieux en connaître leurs pensées. Constatant le refus de dialoguer que lui opposent les autorités terriennes, Klaatu décide alors que la seule façon d'obtenir l'attention des habitants de Terre est de leur faire une démonstration de sa supériorité.

Avant son départ, il lancera un dernier avertissement : "Les gens des autres planètes n'ont pas l'intention d'intervenir dans vos affaires. J'étais venu en messager de paix. Vous ne m'avez pas compris. Je retourne vers mon peuple en vous disant que si vous aggravez, par de nouvelles expériences atomiques, le danger qui pèse sur l'univers, nous n'hésiterons pas à vous détruire."

Par l'intermédiaire d'un film de science-fiction à la facture traditionnelle, Robert Wise envoie lui aussi un message à la bonne conscience de l'Américain moyen. La critique est d'autant plus forte que le style est réaliste. Les effets spéciaux sont limités au strict nécessaire : une soucoupe volante, un robot, même l'extra-terrestre à figure humaine. Le cinéaste nous fait une description quasi documentaire de la société américaine : Robert Wise a déjà abordé des problèmes épineux au cœur de l'actualité comme l'abolition de l'esclavage, la violence ou la lutte contre le totalitarisme. Après Klaatu, les films d'extra-terrestres seront divisés en deux clans : les invasions de martiens sanguinaires et totalitaires ou les visiteurs jetant un regard complaisant sur notre civilisation.

Un autre intérêt du film est de présenter Klaatu comme une sorte d’ « Elu » de l’Univers dont la venue sur la Terre a pour but d’orienter vers le Bien une Humanité incapable d’Amour, de Raison et de Justice, et, surtout, de Sagesse. Bref, le spectateur ne s’empêcher de faire le rapprochement évident avec le Christ et de se demander, autre ressort du suspens, si le destin de Klaatu sera identique ou si sa mission réussira. Une fois de plus, l’être humain, à présent doté de l’arme nucléaire, jouera-t-il les apprentis sorciers ou sera-t-il assez raisonnable et tolérant pour ne plus avoir à l’utiliser ? Les parallèles avec l'histoire messianique sont nombreux : il vient du ciel, se mêle aux hommes sous le nom de Carpenter (charpentier), se heurte à leur incompréhension, meurt et renaît pour les sauver. Philosophiquement, le film est un regard magistral sur les bons et les mauvais côtés de la nature humaine qui peut, avec la science, engendrer aussi bien les découvertes bienfaisantes que le plus terrible des cataclysmes. L'histoire montre cet étranger, semblable aux humains par sa forme, errer dans les rues de Washington D.C. découvrant les progrès de l'homme et les entraves qui existent pour leur progression.

Il est sûr que cette vision humaniste des extra-terrestres ne peut que trancher par rapport aux productions de l'époque. Si le film est considéré actuellement comme un chef-d'œuvre de la science-fiction et du cinéma, c'est parce que son sujet a des résonances encore actuelles, la maîtrise de l'énergie atomique restant au centre des préoccupations modernes.

Par son traitement simple et dénué d'effets spéciaux imposants, Robert Wise a réalisé un chef-d'œuvre du film de SF dont le sujet résonne encore cinquante ans après sa sortie en salles.

Le jour où la Terre s’arrêta frappa les esprits, car il utilisait le genre de la science-fiction pour traiter du contexte historique et politique de l’époque. Contexte historique, d’abord, avec la guerre froide entre les Etats-Unis et l’URSS sur fond d’utilisation possible des armes nucléaires. Contexte politique, ensuite, puisque l’Amérique connaît alors la chasse aux sorcières dirigée par le sénateur MacCarthy qui traque tous ceux qui sont soupçonnés d’être communistes ou sympathisants. Or, le film imagine un extra-terrestre, Klaatu, qui atterrit à bord de sa soucoupe et entend convaincre les hommes des dangers de l’utilisation des armes atomiques. Ce message pacifiste est mal perçu par les militaristes en tous genres qui vont s’ingénier à le combattre.

Distribution[]

  • Michael Rennie : Klaatu/Carpenter
  • Patricia Neal : Helen Benson
  • Hugh Marlowe : Tom Stevens
  • Sam Jaffe : Prof. Jacob Barnhardt
  • Billy Gray : Bobby Benson
  • Frances Bavier : Mrs. Barley
  • Lock Martin : Gort
  • Elmer Davis : lui-même
  • H.V. Kaltenborn : lui-même
  • Drew Pearson : lui-même

Fiche technique[]

  • Titre : Le jour où la terre s'arrêta
  • Titre original : The Day the Earth Stood Still
  • Réalisation : Robert Wise
  • Scénario : Edmund H. North
  • Musique : Bernard Herrmann
  • Production : Julian Blaustein
  • Costumes : Perkins Bailey
  • Pays d'origine : États-Unis
  • Durée : 90 minutes
  • Date de sortie : 28 septembre 1951 (USA)

Remake[]

Le remake de ce film culte sortira en France le 10 décembre 2008 avec Keanu Reeves dans le rôle de Klaatu et Scott Derrickson derrière la caméra.


(fr/en) [http://www.imdb.com/title/tt43456/

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