Film Wiki
Advertisement

Les Choses de la vie , film français de Claude Sautet, sorti en 1970

Analyse critique[]

Pierre, architecte d'une quarantaine d'années, est victime d'un accident de la route; éjecté du véhicule qui prend feu, blessé et il se trouve dans un état de demi-coma qui le coupe de toute communication, mais il entend encore son entourage, jusqu'à ce que mort arrive, au moment d'arriver à l'hôpital. Il se remémore son passé récent, notamment les deux femmes qui comptent dans sa vie : son épouse Catherine dont il est séparé et avec qui il a eu un fils , et Hélène, avec qui sa relation amoureuse est à un tournant.

Il revoit sa vie en accéléré et réalise alors l'importance de ces multiples petites choses de l'existence, « les choses de la vie », ces joies et ces peines qui constituent l'essentiel de toute une vie. L'état de Pierre constitue la trame du film, sans aucune conscience de la mort qui arrive, et naïvement obsédé par sa « fatigue », son monologue intérieur tourne sans cesse autour de la nécessité de ne surtout pas laisser traîner une lettre qui donnerait un sens tout autre à son rapport aux autres. Cette lettre ne parvient finalement pas à sa destinataire, elle est déchirée, ce qui accomplit le vœu ultime de Pierre.

L'accident de voiture au début, filmé selon divers ralentis, scène célèbre, composée de soixante-six plans, souvent citée par les cinéphiles, donne toute sa puissance tragique à un banal dilemme, un homme entre deux femmes. Pierre roule pour être seul et différer sa décision. Le moment euphorique du choix lui sera fatal.

En adaptant le roman de Paul Guimard, Claude Sautet développe tous les grands thèmes de ses films suivants, le manque de communication dans le couple et surtout la figure masculine incapable d'extérioriser ses émotions. Le film est traversé par le poids du souvenir et de l'inéluctable. La fatalité est exprimée d'emblée avec les images de cette foule inquiète et curieuse observant la carcasse calcinée d'une voiture dont on ne voit pas encore l'occupant gisant à terre.

Claude Sautet distille les éléments reconstituant le puzzle de la personnalité de son héros, que ce soit une conversation où l'on devine les liens intacts entre Catherine et Pierre, ou encore l'ego de ce dernier qui fait volte-face en découvrant sur un détail qu'un ami est désormais l'amant de Catherine. C'est ce même ego et cette carapace qui vont l'amener à faire preuve d'une révoltante froideur envers Hélène, qui à l'opposé est un livre ouvert pour exprimer ses sentiments et est éperdument amoureuse de lui.

Des souvenirs en flash-back interviennent du point de vue de Pierre, symbole de son dilemme puisque alternant les images estivales de son bonheur avec Catherine sur l'île de Ré et le romantisme plus flamboyant des moments avec Hélène, une première rencontre fabuleuse où d'une voix perdue dans une pièce sa présence se concrétise par son regard bleu magnétique envahissant l'écran.

Sautet offre de belles idées narratives et visuelles pour traduire la confusion de Pierre, la fougère du sol où il git se confondant avec une autre traversée en souvenir avec Hélène, la voix-off de plus en plus erratique, les détails qui transforment les flash-back en rêveries du condamné. Rien n'est excessivement appuyé, la narration progresse à l'image du maelstrom et de la confusion des souvenirs et exprime ainsi ce qu'est Les Choses de la vie : un long et ultime songe teinté de regrets éternels.

Distribution[]

  • Michel Piccoli : Pierre Bérard
  • Romy Schneider : Hélène Haltig
  • Lea Massari : Catherine Bérard
  • Jean Bouise : François
  • Gérard Lartigau : Bertrand Bérard
  • Boby Lapointe : le conducteur de la bétaillère

Fiche technique[]

  • Réalisation : Claude Sautet
  • Scénario : Claude Sautet, Jean-Loup Dabadie et Paul Guimard, d'après son roman Les Choses de la vie, publié en 1967
  • Dialogues : Jean-Loup Dabadie
  • Directeur de la photographie : Jean Boffety
  • Montage : Jacqueline Thiédot, Marie-Claude Sarnak
  • Musique originale : Philippe Sarde
  • Société de production : Lira Films (Paris), Sonocam, Fida Cinematografica (Rome)
  • Durée : 89 minutes
  • Date de sortie : 13 mars 1970

Distinctions

[1]


Category:Film français Category:Film sorti en 1970

Advertisement