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Luchino Visconti, duc de Modrone (2 novembre 1906, Milan — 17 mars 1976, Rome), descendant de la famille noble des Visconti, est un réalisateur de cinéma italien. Il fut aussi directeur de théâtre, metteur en scène et écrivain.

Biographie[]

Fils de Giuseppe Visconti (10 novembre 1879, Milan - 16 décembre 1941, Milan) et de Carla Erba (propriétaire de la fameuse société pharmaceutique, décédée à Cortina d'Ampezzo, Belluno, le 17 janvier 1939). La famille Visconti était déjà célèbre, appartenant à la grande aristocratie milanaise. Luchino était le quatrième de sept enfants.

Sa carrière cinématographique débuta en 1935, en France, où il travailla aux côtés de Jean Renoir (rencontré grâce à Coco Chanel) comme assistant, à la réalisation et au choix des costumes de trois de ses œuvres, Toni , Les Bas-Fonds et Partie de campagne. Le souci de réalisme du grand cinéaste français le marqua profondément. Toujours en France, il rencontra des réfugiés italiens, militants de gauche, au contact desquels ses convictions politiques changèrent radicalement. Après un bref séjour à Hollywood, il rentra en Italie en 1939 à cause du décès de sa mère. Avec Renoir il commença à travailler à une adaptation cinématographique de la Tosca, mais, suite à l'éclatement de la guerre, le réalisateur français fut contraint à abandonner le tournage — il fut remplacé par l'Allemand Karl Koch.

La rencontre avec certains jeunes intellectuels et critiques, collaborateurs à la revue Cinema (fondée, ironie du sort, par un fils de Benito Mussolini, Vittorio), fit germer dans son esprit le concept d'un cinéma qui raconterait de façon réaliste la vie et les drames quotidiens du peuple, concept en rupture avec les mièvreries clinquantes et édulcorées des comédies du cinema dei telefoni bianchi (littéralement « cinéma des téléphones blancs »). À cette époque il rencontra Roberto Rossellini et, probablement, Federico Fellini. Visconti projeta de réaliser l'adaptation du Grand Meaulnes d'Alain-Fournier et celle des Malavoglia de Verga, mais ces projets avortèrent.

À la fin des années soixante, Visconti élabora le projet d'une tétralogie allemande s'inspirant des thématiques mythologiques , décadentes, de Richard Wagner et Thomas Mann . Sur les quatre titres prévus, il n'en réalisa que trois.

  • Le premier fut La Caduta degli Dei (Les Damnés) (1969), histoire de l'ascension et de la chute des membres d'une famille propriétaire des plus importantes aciéries allemandes pendant la montée du nazisme. Ce film marquait la première apparition à l'écran d'Helmut Berger, égérie et dernier amant de Visconti.
  • Le deuxième fut Mort à Venise (1971), tiré de la nouvelle homonyme de Thomas Mann, fresque sublime explorant le thème de l'inéluctabilité de la vieillesse et de la mort associé à la quête de la beauté idéale et inaccessible.
  • Le troisième et dernier volet fut Ludwig (Ludwig, le crépuscule des dieux), où Helmut Berger interprétait le rôle du jeune roi de Bavière, l'un des films les plus longs de l'histoire du cinéma (d'une durée de près de cinq heures dans sa version originale, plus précisément, d'après une version sortie en France en 1987, chez Ciné-Collection, en deux cassettes vidéos-VHS Secam, de 4 h et 42 minutes exactement; toutes les autres versions sont incomplètes et mentent sciemment lorsqu'elles se prétendent intégrales); le film raconte l'histoire du dernier roi de Bavière, Louis II, la lente déchéance du jeune monarque idéaliste, visionnaire, qui préférait la rêverie, l'art, la beauté, l'amitié et l'amour aux charges du pouvoir, que nombre de ceux qu'il aimait trahirent, que son peuple trahit également, et qui finit par être interné; il se noya, ainsi que son médecin, dans le lac de Starnberg, dans des circonstances mystérieuses.

La Tétralogie aurait dû se terminer avec une nouvelle adaptation cinématographique d'une œuvre de Thomas Mann, La Montagna incantata (La Montagne magique). Malheureusement, durant le tournage de Ludwig, il fut atteint d'un AVC qui le laissa à moitié paralysé.

Malgré sa pénible condition physique, il parvint à tourner ses deux derniers films, où les thèmes de la déchéance et de la solitude deviennent de plus en plus prégnants. Il s'agit de Gruppo di famiglia in un interno (Violence et passion), à la fois inspiré par Mario Praz et ouvertement autobiographique, interprété encore une fois par Burt Lancaster et Helmut Berger. Ce film est suivi du crépusculaire L'Innocente (L'Innocent), librement inspiré du roman de Gabriele d'Annunzio, L'Innocente, titre de la version originale italienne (1892), (L'Intrus, dans sa traduction française), interprété par Giancarlo Giannini et Laura Antonelli.

Luchino Visconti mourut au printemps 1976, touché par une forme grave de thrombose, peu de temps après avoir visionné avec ses proches collaborateurs le film dans un premier montage, dont il n'était pas satisfait. Le film fut présenté au public dans cette version, mises à part quelques retouches appportées par sa collaboratrice à la mise en scène, Suso Cecchi d'Amico, qui se basait sur les indications laissées par le réalisateur au cours d'une discussion de travail. Rina Morelli, actrice que Visconti estimait beaucoup et avec laquelle il avait partagé les grandes saisons théâtrales de l'immédiat après-guerre, mourut peu après lui.

Filmographie[]

Réalisateur et scénariste

  • 1943 : Les Amants diaboliques (Ossessione) d'après le roman de James Cain Le facteur sonne toujours deux fois
  • 1950 : La terre tremble (La Terra trema) d'après le roman de Giovanni Verga Les Malavoglia
  • 1951 : Bellissima
  • 1953 : Senso, Senso
  • 1957 : Nuits blanches (Le notti bianche) d'après le roman homonyme de Dostoïevski
  • 1960 : Rocco et ses frères, Rocco et ses frères (Rocco e i suoi fratelli)
  • 1963 : Le Guépard, Le Guépard (Il Gattopardo) d'après le roman homonyme de Giuseppe Tomasi di Lampedusa
  • 1965 : Sandra (Vaghe stelle dell'Orsa)
  • 1967 : L'Étranger (Lo straniero), d'après le roman homonyme d'Albert Camus
  • 1969 : Les Damnés (La Caduta degli Dei)
  • 1971 : Mort à Venise, Mort à Venise (Morte a Venezia), d'après la nouvelle homonyme de Thomas Mann
  • 1972 : Ludwig ou le Crépuscule des dieux (Ludwig)
  • 1974 : Violence et Passion (Gruppo di famiglia in un interno)
  • 1976 : L'Innocent (L'Innocente), adapté du roman homonyme de Gabriele D'Annunzio

2 courts métrages

  • 1951 : Notes sur un fait divers (Appunti su un fatto di cronaca), épisode réalisé pour le magazine cinématographique Documenti mensili, dirigé par Cesare Zavattini
  • 1961 : Boccaccio 70 - segment Il Lavoro (Le Travail)
  • 1966 : Les Sorcières (Le Streghe) - segment La Sorcière brûlée vive (La Strega bruciata viva)


Retrouvez tous les détails de la filmographie de Luchino Visconti sur sa fiche IMDB

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