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Manon des sources

Titre original Manon des sources
Réalisation Marcel Pagnol
Scénario Marcel Pagnol
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films Marcel Pagnol
Pays d’origine Flag of France France
Genre Drame
Sortie 16 décembre 1952 Modèle:Drapeau
Durée 200 min

Information Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Manon des sources est un film français réalisé par Marcel Pagnol et sorti en 1952. Il inspira plus tard au réalisateur un roman en deux parties L'Eau des collines. Le film a deux parties, la deuxième a pour titre Ugolin.

SynopsisModifier

Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.

Première partie : Manon des sources

En France dans les années 20, dans un petit village de Provence près d'Aubagne, Les Bastides Blanches.

À la terrasse d'un café, les notables prennent l'apéro et discutent de tout et de rien. Ils évoquent notamment les gendarmes qui recherchent actuellement Manon, une jeune sauvageonne de la région.

Dans les collines avoisinantes, une vieille femme, Baptistine, jette une malédiction sur le village, ayant appris que la tombe de son mari a été supprimée pour des raisons administratives. Elle est accompagnée d'une jeune femme, Manon.

À la terrasse du café, les notables parlent de cette Manon: elle est la fille du "Bossu des sources", qui s'est tué à la tâche car son domaine était sans source d'eau et qui a dû s'approvisionner chaque jour à plusieurs kilomètres, la région étant singulièrement sèche. Les sources sont donc vitales et, en général, gardées secrètes par les pays: "Une source des collines, ça ne se dit pas" commente même Philoxène, le maire-bistrotier. Les notables croyaient que ce bossu, Jean Cadoret, était un étranger qui venait de Pépin, un village voisin, mais il était en fait le fils d'une fille du village, Florette Camoins, que le Papet, un des notables présents, avait bien connu dans sa jeunesse; son tort est d'avoir épousé un étranger! Plusieurs notables semblent apprendre l'origine du bossu et commentent que cela aurait pu éviter une injustice, sans en dire plus cependant. Belloiseau, un clerc de notaire à la retraite dur d'oreille, raconte sa rencontre avec le bossu, sa femme et leurs deux enfants, un garçon et une fille. Quelques femmes viennent également commenter les propos des notables en accusant Manon d'être une sorcière.

Les gendarmes ont arrêté Manon et la ramènent au village. Elle est accusée d'avoir blessé un gars du village, Polyte, et aussi d'avoir volé des melons à Ugolin, un paysan de la région. Le chef de la gendarmerie organise immédiatement une sorte de procès pour régler cette situation. Tous se retrouvent dans une salle communale et les témoins défilent. L'instituteur, avocat de Manon, met en évidence l'obscurantisme et la superstition dont la plupart des témoignages font preuve. Manon explique qu'elle s'est défendue en frappant avec un bâton Polyte à la tête car il a tenté de l'agresser sexuellement. On passe à l'affaire du vol des melons et Ugolin témoigne qu'il les a lui-même mis à disposition de Manon. Après une dernière intervention ironique de l'instituteur, Manon est libérée de toutes les charges contre elle.

De retour à leur terrasse, les notables rappellent que la fête de la fontaine du village a lieu le lendemain.

Manon a rejoint Baptistine dans les collines et celle-ci lui montre où et comment réaliser sa vengeance: "Maintenant tu as vu, fais ce que tu voudras!" Quelques instants plus tard, Manon rencontre l'instituteur qui cherche des cailloux pour sa collection. Manon, sans trop entrer dans les détails, lui explicite combien Ugolin est un méchant homme. Elle raconte que, lorsqu'elle était enfant et en l'absence de source à proximité, elle, son frère et ses parents ont dû porter l'eau tous les jours sur des kilomètres. Et aussi comment rapidement Ugolin a trouvé une source sur leurs terres après les avoir rachetées! L'instituteur la quitte. Quelques instants plus tard, Ugolin la rejoint et lui déclare son amour. Elle l'abandonne à sa quasi hystérie.

Le même jour, plus tard, Manon sort d'une anfractuosité dans une paroi abrupte des collines; elle transporte notamment une pioche.

L'instituteur montre ses cailloux à un ami. Il reconnaît apprécier Manon.

Le lendemain, c'est la fête de la fontaine et Manon vient au village. Pendant le discours commémoratif de Belloiseau qui encense les vertus de la nature et de l'eau bienfaitrice, la fontaine commence à toussoter et, tout à coup, son débit d'eau s'arrête: les villageois, les paysans du coin, tout le monde commence à paniquer. Le maire annonce qu'il a pris contact avec l'ingénieur du génie rural du département.

Seconde partie : Ugolin

Devant une assemblée des villageois, l'ingénieur du génie rural présente son analyse et ses hypothèses quant à la problématique hydrométrique qui expliquerait l'arrêt de la fontaine dont l'eau provient d'une source des hauteurs avoisinantes. Pour l'instant, la seule chose qu'il puisse offrir, pour les habitants, animaux et cultures, est de faire livrer de l'eau au village, ce qui ne contente pas du tout les villageois. Le curé annonce pour le lendemain une cérémonie à l'église pour prier le Seigneur. Manon retourne dans les collines.

Manon y surprend Ugolin qui prie devant une statue de la Vierge et l'entend même confesser sa faute, qu'il désire à tout prix réparer.

Le lendemain à l'église, le curé prononce un sermon qui se révèle être un sérieux réquisitoire contre celui qui a commis la faute mais également contre ceux qui se sont tus en connaissance de cause. Il attend que les responsables, présents dans l'église, se dénoncent de manière à apaiser la colère divine. À la sortie de l'église, l'instituteur rappelle à Manon que, le jour précédent, elle avait évoqué une catastrophe à venir et lui demande si elle est à l'origine du tarissement de la fontaine. Elle nie, en précisant qu'elle aussi manque d'eau et qu'elle va devoir déménager à Aubagne, la plus proche grande ville.

Après le sermon, une réunion a lieu chez l'instituteur dans le but de résoudre tous les problèmes liés à l'eau des collines. Ugolin est accusé d'être le responsable et les notables mentionnent ne s'être simplement pas mêlés des affaires des autres. Ugolin se défend et rappelle qu'il a aidé le bossu en rachetant sa maison, Les Romarins, laquelle avait appartenu auparavant à Pique-Boufigue, le frère de Florette, mère du bossu. Manon révèle alors qu'Ugolin avait bouché la seule source du domaine des Romarins avant que son père en prenne possession et que sa famille n'a jamais su qu'il y avait de l'eau à proximité, ce qui est confirmé par Eliacin, un villageois, qui a lui-même vu Ugolin le faire. L'absence d'eau induisait une valeur du domaine peu élevée, ce qui profitait à tout acheteur éventuel, en l'occurrence Ugolin. Manon commente également que personne au village ne les a informés de la présence d'une source sur leur propriété. À la suite de toute cela, le frère de Manon, Paul, est décédé après avoir bu l'eau impropre de la citerne ce qui l'a rendu malade, puis le bossu est mort de chagrin. Bien qu'Ugolin n'avoue pas explicitement son crime, tous ont arrêté leur avis à ce sujet.

Quelques instants plus tard, Ugolin erre dans les collines puis retourne aux Romarins.

Les notables du village ont décidé d'aller chez Ugolin pour officialiser la restitution des Romarins à Manon. Ils découvrent la confession-testament d'Ugolin, puis qu'il s'est pendu à la branche d'un olivier.

Les notables veulent également présenter leurs excuses à Manon et se rendent chez elle. Ils lui révèlent qu'Ugolin est mort et qu'il lui a cédé Les Romarins et, contrits, lui demandent de venir à la procession organisée au village. Après qu'ils se soient en allés, l'instituteur révèle à Manon le suicide d'Ugolin - "...l'hérédité, le remord, l'amour?" - et surtout la persuade de rendre l'eau au village, ce qu'ils vont réaliser ensemble.

Manon tente de persuader le curé de renoncer à la procession puisque l'eau va revenir tout prochainement. La procession a lieu, l'eau revient à la fontaine, les villageois sont heureux et le curé obtient son miracle.

Manon vend sa récolte d'œillets à un paysan voisin; avec l'argent, elle veut soigner sa mère. L'instituteur avoue son amour à Manon.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

Autour du filmModifier

  • En 1963, ce film a inspiré à Pagnol les deux romans de L'Eau des collines, le deuxième roman de ce diptyque reprenant la trame du film.
  • En 1986, Claude Berri a adapté L'Eau des collines en deux films : Jean de Florette et Manon des sources.
  • Différences principales entre le film de 1952 et le livre de 1963, respectivement les films de Berri :
    • La structure de l'histoire diffère totalement. Le film de 1952 est centré sur le personnage de Manon et sur son vécu; l'histoire de son père est abordée au travers de mentions faites par les différents personnages et il n'y a pas de flashback. Le livre de 1963 (ainsi que les films de Berri) raconte dans le détail l'histoire de Jean de Florette puis celle de Manon des sources. Par ailleurs, le film de 1952 se déroule sur une période très courte, quelques jours, alors que le livre et les films de Berri couvrent plusieurs années.
    • Ainsi, le personnage de Jean de Florette n'apparaît pas dans le film de 1952: il est seulement mentionné tout au long de l'histoire, à plusieurs reprises. Tout à la fin de "Ugolin" (partie 2 du film), avant qu'Ugolin ne se suicide, celui-ci voit Jean quelques secondes dans une vision. Tout à la fin de "Ugolin" également, on aperçoit un portrait de Jean dans l'habitat de Manon.
    • Le frère de Manon, Paul, n'existe pas dans le livre de 1963 ni dans les films de Berri. Il est à noter que Paul est le prénom d'un des frères de Marcel Pagnol qui est également décédé dans les collines de Provence.
    • La mère de Manon est seulement citée dans le film de 1952 alors qu'elle est un personnage secondaire dans le livre ainsi que dans le premier film de Berri.
    • Le Papet n'est pas un personnage central de l'intrigue dans le film de 1952: il est juste présent; on apprend qu'il est l'oncle d'Ugolin, qu'il porte pour nom de famille Soubeyran et qu'il n'est pas impliqué dans le crime commis par son neveu (selon Manon elle-même), à savoir le fait d'avoir bouché la source de Jean de Florette. Dans le livre comme dans les films de Berri, le Papet est aussi coupable que son neveu; par ailleurs il a entretenu une relation avec Florette (ce qui n'est pas le cas dans le film de 1952), ce qui s'avère par la suite crucial.
    • Dans le film de 1952, Jean de Florette est un paysan qui s'occupe de cultures courantes comme du maïs. Dans le livre comme dans les films de Berri, Jean de Florette est un ancien percepteur, en provenance de la ville (par opposition aux paysans des Bastides Blanches), féru de sciences; il développe un projet complexe d'élevage de lapins et de courges pour nourrir ceux-ci.
    • Dans le film de 1952, Jean de Florette meurt de chagrin (suite à la mort de son fils Paul et de ses déboires dans son travail de paysan) alors que, dans le livre de 1963 comme dans les films de Berri, il meurt suite à un accident (une explosion qui tourne mal).
  • Une scène à noter, celle où Belloiseau raconte sa rencontre avec Jean de Florette aux notables du village; comme il est sourd, ceux-ci se moquent de lui en terminant ses phrases du célèbre "Poils au [...]" ("Poils au genou", "Poils au bras", etc.); à la fin de son intervention, Belloiseau, pas dupe pour un sou et malicieux, termine lui-même son "...vécu" d'un "Poils au cul" tonitruant!
  • La scène du sermon du curé est aussi à noter: elle dure une bonne quinzaine de minutes.

Voir aussi Modifier

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