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Out 1 est un film français de Jacques Rivette et Suzanne Schiffman, sorti en 1971.

Le film est d'abord sorti à l'automne 1971 sous le simple titre Out 1 avec une durée de 12 h 09. En 1972, Jacques Rivette en sort une version « courte » de 3 h 45, sous le titre Out 1 : Spectre.

À partir des années 1990, le film est exploité, notamment à la télévision, en 8 épisodes d'environ 1 h 30, et l'ensemble est requalifié Out 1: Noli me tangere (en latin : ne pas me toucher).

Synopsis[]

Ce film hors-norme est très librement adapté de l'histoire des Treize de Balzac. Autour du travail de deux troupes de comédiens, des personnages laissent entendre l'existence d'une société secrète.

De Paris, au début des années 70 ; de deux troupes de théâtre qui travaillent chacune sur une pièce d'Eschyle ; d'une jeune voleuse, et d'un mendiant illuminé qui reçoit des lettres énigmatiques et qui mène une enquête sur un supposé complot.

Ce jeune homme s'appelle Colin, et Colin échappe à ce dont Œdipe n'aura pas échappé : en suivant un parcours analogue, où il rencontrera le Sphinx, mais ne saura lui répondre, se rapprochant ainsi finalement d'avantage de Tirésias que du plus célèbre paranoïaque de l'ère pré-chrétienne. Il est inutile d'interpréter trop profondément l'oracle. L'énigme du Sphinx est piégée : elle n'appelle pas de réponse mais, au contraire, la réserve ou le suspens.

Colin soupçonne l'existence d'un complot, le « groupe », et retrouve, en déchiffrant patiemment des énigmes, les personnes qui y sont impliquées. Ces personnes ne sont pas treize, comme il l'imagine (car la conspiration se base sur le modèle balzacien de L'Histoire des Treize) mais dix : Lili, Thomas, deux metteurs en scène de théâtre ; Sarah, une écrivain recluse et magicienne ; Lucie, une avocate ; Pierre, un autre avocat et magicien qu'on ne voit jamais, mais qui a « commandité » Colin par lettres interposées, ayant « lu son nom dans les astres » ; Warok, un professeur d'Université ; Etienne, un homme qui fait des « affaires » entre Paris et l'étranger et se fait voler les lettres de Pierre par la petite voleuse Frédérique ; Igor, qu'on ne voit jamais non plus ; enfin Pauline, qui compte double (on l'appelle également Emilie).

Colin serait éventuellement le onzième, comme le suggère Emilie/ Pauline ; à moins qu'il ne fasse partie, sans le savoir, d'un nouveau groupe mené par Pierre, impliqué également dans Les compagnons du devoir alias Les dévorants, desquels nous rencontrons Renaud. Le rôle de Marie, qui porte les lettres de Pierre, ne sera pas non plus précisé au sein du film, qui se referme sur elle, contre-plongée sur son regard, dos à une statue de Jeanne d'Arc et qui conserve alors pleinement son mystère.

Colin a raison : il y a bien une conspiration, on lui a bien donné des messages, les personnes qu'il rencontre y sont, en effet, impliquées ; simplement cela n'a pas la moindre importance. Et, un moment ou un autre, la société secrète révèle ce qu'elle est, fondamentalement : Presque rien, un simple groupe de personnes désœuvrées. Out 1 est le plus réaliste des films fantastiques. Cette conspiration, conclura Colin, n'est qu'un fantasme d'adolescent. Elle n'a de réalité que virtuelle, et aucun des membres n'a réussi à centrer le « groupe » autour d'un vrai projet.

Leurs différences sont énormes : de classe sociale (certains sont impliqués dans le monde du travail, d'autres restent royalement marginaux) ; de projet également : certains aimeraient un « coup classique », d'autres entrevoient, comme Thomas, un projet aussi cosmique que vague. Néanmoins, tous ont ceci en commun - et qu'ils partagent du reste avec les autres personnages du film - qu'ils sont pleins d'impuissance et d'ennui. Les deux troupes, la bonne (celle de Thomas) et la mauvaise (celle de Lili) n'arrivent pas à mener à bien leur projet ; celle de Lili décide d'ailleurs dès le commencement de « répéter une pièce mais pour ne pas la monter ».

Pauline tient une espèce de boutique, L'Angle du Hasard, bien nommé tant cet espace semble avoir été repris par elle sans projet défini, abritant l'équipe d'une revue bien peu capable de se mettre en place et dont les membres mollasses font la sieste dans l'arrière-salle et boivent du thé en mangeant une confiture de myrtilles pleine de H (l'un d'entre eux s'appelle Chaussette et d'une chose il sait faire un rien). Sarah rame depuis six ans sans avoir réussi à écrire une ligne de son foutu roman. Quant à Frédérique, elle est paralysée dans sa détermination de voleuse par l'enquête qu'elle commence à mener sur le « groupe » et finit par se faire descendre, assez stupidement, par l'autre société secrète : Les dévorants.

Critique[]

Impuissants et ennuyés, voilà les hommes d'Out 1, pris dans la toile d'araignée qu'ils se constituent à force de broder sur ce qu'il leur arrive. Ils ne cessent de recouvrir les événements à force de les surdéterminer ; ils s'enfoncent dans l'ennui en tentant de capturer la magie des relations qu'ils tentent sans bonheur de favoriser.

Les membres du « groupe » sont lucides : et ils savent l'impossibilité de fonder une communauté autrement que sur un mythe initial. Voilà pourquoi Thomas insiste autant sur Eschyle, et spécialement Prométhée (« Prométhée, pour moi, c'est le groupe »). Tel un membre de l'Athenaum projeté en plein post-68, Thomas prend appui sur le modèle grec pour construire sa poétique génératrice de situations. Mais cette lucidité n'est plus d'aucun secours : car les membres du « groupe » sont déjà pris dans un processus critique surplombant et entravant nécessairement l'innocence ou l'insouciance qui permettrait à leur monde de prendre sens.

Aussi étrange que cela puisse paraître, la magie n'est pas absente du film, et au moins un personnage, Sarah, est effectivement dotée de pouvoirs surnaturels ; mais ces pouvoirs sont là comme par surcroît, et ne permettent en rien de donner du sens à leur histoire.

Distribution[]

  • Michèle Moretti : Lili
  • Hermine Karagheuz : Marie
  • Karen Puig : Elaine
  • Pierre Baillot : Quentin, un acteur
  • Marcel Bozonnet : Nicolas, Arsenal, Papa, Théo
  • Jean-Pierre Léaud : Colin / Le jeune sourd-muet
  • Michael Lonsdale : Thomas
  • Sylvain Corthay : Achille
  • Edwine Moatti : Béatrice
  • Bernadette Onfroy : Bergamotte
  • Monique Clément : Faune
  • Juliet Berto : Frédérique
  • Gérard Martin : un faux célibataire
  • Gilette Barbier : la logeuse de Colin
  • Jean-Pierre Bastid, Urbain Dia Mokouri, Jacques Prayer : trois truands
  • Michel Berto : Honeymoon
  • Brigitte Roüan : Miss Blandish
  • Françoise Fabian : Lucie
  • Eric Rohmer : le balzacien
  • Christian de Tillière : le noctambule
  • Christiane Corthay : Rose
  • Patrick Hec : Léonard
  • Bulle Ogier : Pauline, Émilie
  • René Biaggi : Chaussette
  • Barbet Schroeder : Gian-Reto
  • Jean-François Stévenin : Marlon
  • Bernadette Lafont : Sarah
  • Marc Chapiteau : un joueur de football
  • Alain Libolt : Renaud
  • Jérôme Richard : Martin
  • Jacques Doniol-Valcroze : Etienne
  • Ode Bitton : Iris
  • Jean Bouise : Warok

Fiche technique[]

  • Titre : Out 1 : Noli me tangere
  • Titre original : Out 1
  • Réalisation : Jacques Rivette et Suzanne Schiffman
  • Scénario : Jacques Rivette et Suzanne Schiffman, d'après l'histoire des Treize de Honoré de Balzac
  • Images : Pierre-William Glenn
  • Montage : Nicole Lubtchansky et Carole Marquand
  • Production : Danielle Gégauff
  • Format : Noir et blanc
  • Durée : 729 minutes (12 h 09 mn ) 773 minutes (version intégrale)
  • Date de sortie: 9 octobre 1971 (Maison De La Culture, Le Havre)

À partir des années 1990, le film est exploité, notamment à la télévision, en 8 épisodes d'environ 1 h 30, et l'ensemble est appellé Out 1 : Noli me tangere (en latin : ne pas me toucher). Les titres en sont :

  1.  : De Lili à Thomas (86')
  2.  : De Thomas à Frédérique (104')
  3.  : De Frédérique à Sarah (105')
  4.  : De Sarah à Colin (103')
  5.  : De Colin à Pauline (87')
  6.  : De Pauline à Émilie (98')
  7.  : De Émilie à Lucie (95')
  8.  : De Lucie à Marie (71')


(fr/en) [http://www.imdb.com/title/tt246135/

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