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Pema Tseden

Pema Tseden durant les Rencontres avec les réalisateurs au théatre Verdière de la Coursive le 5 juillet 2012 lors du Festival international du film de La Rochelle 2012 .

Naissance 1969
Thrika, Guide, Qinghai (Amdo)
Nationalité Chine
Profession réalisateur, scénariste
Films notables Le Silence des pierres sacrées

Pema Tseden (tibétain : པད་མ་ཚེ་བརྟན། ; Wylie : pad ma tshe brtan ; Modèle:Zh-c ; Modèle:Zh-p)[1], est un réalisateur et scénariste chinois appartenant à la minorité tibétaine[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8], né en 1969 dans une famille de nomades tibétains à Thrika, un village de Guide dans l'Amdo, ancienne province tibétaine devenue le Qinghai, en Chine[9]. Vivant à Pékin et bilingue, il a d'abord signé ses films de son nom en chinois avant de changer pour son nom en tibétain. Il « fait aujourd’hui figure », d'après la journaliste Brigitte Duzan, « de premier réalisateur tibétain en Chine et précurseur de ce qui pourrait être un futur cinéma tibétain »[10]. Le magazine canadien de cinéma Cinémascope la fait figurer, en 2012, parmi les 50 meilleurs réalisateurs de moins de 50 ans[11].

Biographie[]

Enfance[]

Pema Tseden est né à Thrika, un village de la préfecture autonome tibétaine de Hainan[12] dans la province du Qinghai (l'ancienne province tibétaine de l'Amdo). Son grand-père lui apprend ses premiers mots de tibétain[13].

Selon Françoise Robin, les seuls films vus dans son enfance étaient des films de propagande nord-coréens ou albanais[11]. « Il y avait des projections de temps en temps à Dzona », son village natal, déclare Pema Tseden. Il adorait cela. Il a vu, par exemple, Les Temps modernes de Chaplin[14].

Études[]

Il est diplômé de l’Institut des Nationalités du nord-ouest (en), à Lanzhou (Gansu), où il a fait des études bilingues tibétain-chinois[10], se spécialisant en littérature tibétaine et traduction.

Vie professionnelle[]

Il a été instituteur dans une école primaire[15], et traducteur tibétain-chinois. A partir de 1991, il a publié des articles sur la littérature et l’art tibétains dans diverses revues. I a aussi écrit des nouvelles, inédites à ce jour[10].

Carrière cinématographique[]

Décidé à se reconvertir dans la cinématographie, Pema Tseden obtient, en 2003, une bourse d'une ONG, la Trace Foundation, pour entrer à l’Université de cinéma de Pékin[1] et y suivre un programme de doctorat d’un an en réalisation cinématographique et littérature. À la fin de l’année, il bénéficie d'une bourse supplémentaire pour tourner son film de fin d’études, un court métrage de 22 minutes qu'il intitule « Grassland » (rTswa thang). Sorti en 2004, le film se voit couronné par de nombreux prix, tant en Chine qu’à l’étranger. C'est le début de sa carrière de réalisateur[10].

Son premier long métrage, du genre dramatique, The Silent Holy Stones (Le Silence des pierres sacrées) (Lhing vjags kyi ma ni rdo vbum) est tourné en 2005, dans l'Amdo, dans la langue locale, avec des acteurs non professionnels. Il obtient quatre prix, dont le Coq d'or[10].

Son long métrage The Search (Sur la route ou À la recherche de Drimé Kunden), produit grâce au cinéaste chinois Tian Zhuangzhuang[16], est présenté en première mondiale au 62e Festival international du film de Locarno en Suisse[17]. Ce film est né de l’envie qu’avait Pema Tseden de développer sa réflexion sur les difficultés rencontrées par la culture tibétaine traditionnelle dans sa confrontation avec la modernité[18].

Son dernier film, Old Dog (Le Vieux Chien), est couronné du Golden Digital Award au Festival international du film de Hong Kong, le 30 mars 2011[19].

Pema Tseden vit à Pékin et réalise ses films au Tibet[20]. Il est membre de l'association des réalisateurs chinois, de l'association des cinéastes chinois et de l'association de la littérature cinématographique chinoise[21]. Ses films sont un travail d’équipe d’où se distinguent deux noms : son directeur de la photographie Sonthar Gyal et son directeur du son Dukar Tserang[11].

Selon le réalisateur tibétain en exil Tenzing Sonam, Pema Tseden, pour pouvoir travailler, doit trouver un équilibre entre un gouvernement autoritaire et ses positions personnelles tout comme son modèle, Abbas Kiarostami, un cinéaste iranien[22],[20].

Le 40e Festival international du film de La Rochelle de 2012 lui rend hommage, un festival auquel il participe[23].

Ses vues[]

Modèle:Pour wikiquote Pema Tseden est d’avis que le Tibet a toujours été mythifié et idolâtré par les gens qui ne sont pas du Tibet, et rendu de plus en plus lointain, et que ceux-ci, étant obnubilés par le passé, ne comprennent pas le nouveau Tibet[24]. Il déclare également que la culture du Tibet est en train de disparaître sous les coups de boutoir de la modernisation[25].

Filmographie[]

Film Année Genre Fonction
Pâturages (The Grassland) (rTswa thang) 2004 réalisateur, scénariste
The Last Tibetan Shamen 2004 réalisateur, scénariste
Le Silence des pierres sacrées (The Silent Holy Stones) (Lhing vjags kyi ma ni rdo vbum) 2005 dramatique réalisateur, scénariste
The Gyuto Monlam 2007 réalisateur, scénariste
Snow on the Bayan Har Mountain 2008 réalisateur, scénariste
Samyé 2008 réalisateur, scénariste
The Guanyin Hole in the Wutai Mountain 2008 réalisateur, scénariste
Sur la route, ou encore À la recherche de Drimé Kunden (The Search) (‘Tshol ba) 2009 road movie réalisateur, scénariste
Le Vieux Chien (Old Dog) 2011 réalisateur, scénariste

Récompenses et nominations[]

Année Prix Catégorie Résultat
2005 Coq d'or Meilleur début remporté
2006 Beijing Student Film Festival Meilleur début remporté
Festival du film de Changchun Golden Deer
Festival international du film de Shanghai Asian New Talent Award
2009 Festival international du film de Shanghai Grand prix du jury remporté
2011 Festival international du film de Hong Kong Golden Digital Award remporté
2012 Brooklyn Film Festival (en)[26] Best Narrative Feature remporté

Liens externes[]

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Retrouvez tous les détails de la filmographie de Pema Tseden sur sa fiche IMDB

Notes et références[]

  1. 1,0 et 1,1 anglais Tenzin Dickyi, The Grasslands - a film by Pema Tsetan, site Where Tibetans Write, 28 juillet 2010.
  2. Thomas Sotinel, Au milieu d'une avalanche de tragédies, deux films illuminent Locarno, Le Monde, 16 août 2009 : « du Chinois né au Tibet Pema Tseden. »
  3. Projection de ’’The Search’’ et discussion avec le réalisateur Pema Tseden, le 3 juillet au CCF, site Faguowenhua : « Egalement connu sous le nom de Wanma Caidan, Pema Tseden est un réalisateur et scénariste chinois d’origine tibétaine. »
  4. anglais Pema Tseden : Modèle:Citation étrangère
  5. Charlotte Garson, Sur la route, découverte, Cahiers du cinéma, n° 647, pp. 58-59. « le Tibétain Pema Tseden »
  6. La Rochelle : Anouk Aimée pour les 40 ans du festival, La Nouvelle République, 30 juin 2012, « le premier cinéaste tibétain en République populaire de Chine, Pema Tseden. »
  7. Arnaud Schawrtz, La Rochelle, une autre idée du cinéma, ‎La Croix, 30 juin 2012 « du Tibétain Pema Tseden »
  8. anglais Shelley Kraicer, Pema Tseden, sur le site Cinemascope : Modèle:Citation étrangère
  9. Pema Tseden
  10. 10,0 10,1 10,2 10,3 et 10,4 Brigitte Duzan, Pema Tseden : naissance d’un cinéma tibétain ?, site Chinese Movies, 7 octobre 2011 : « Pema Tseden a d’abord signé ses films Wanma Caidan (万玛才旦), transcription phonétique de son nom en chinois. Le changement de nom n’a rien d’anecdotique, c’est une affirmation identitaire. »
  11. 11,0 11,1 et 11,2 Françoise Robin, Pema Tseden, site du Festival international du film de La Rochelle, 2012.
  12. anglais Pema Tseden: Tibetan Films for Tibetan People, Asia Society, 10 avril 2010
  13. Christiane Poulin, Pema Tseden, l'homme qui écrit le roman tibétain, Sud-Ouest, 6 juillet 2012
  14. Christiane Poulain, Modèle:Opcit.
  15. anglais Louisa Lim, Director Seeks To Capture Life In Modern Tibet, site NPR : Modèle:Citation étrangère
  16. anglais Fim Series: Soul-Searching in Tibet, Asia Society and Museum, 10 et 15 avril 2010 : Modèle:Citation étrangère
  17. Kèoprasith Souvannavong, « The Search » ou la quête de la culture tibétaine, 12/08/2009.
  18. Charlotte Garson, Sur la route, découverte, Cahiers du cinéma, n° 647, pp. 58-59. « L’inspiration principale de Sur la route m’est venue pendant le repérage du Silence des pierres sacrées (2005). J’étais impressionné par mon voyage préparatoire : j’ai pris alors conscience que la culture tibétaine traditionnelle rencontrait de nombreuses difficultés dans sa confrontation avec la modernité. Cette situation m’a fait réfléchir. J’avais envie de développer ma réflexion dans un film. »
  19. Brigitte Duzan, Trois prix pour Pema Tseden au festival du Cinéma Digital de Séoul, Chinese Movies, 24 août 2011.
  20. 20,0 et 20,1 Tenzin Sonam, Road-movie dans l'Amdo, Rangzen, article traduit par le Courrier international, 28 juillet 2011.
  21. anglais Old Dog, Brooklyn Film Festival : Modèle:Citation étrangère.
  22. anglais Tenzing Sonam, The Search. Some Thoughts on Pema Tseden’s new film, Phayul.com, 19 juin 2010, reproduit [1] sur le site Rangzen Alliance, 17 août 2010.
  23. Pascal Paradou, 40ème édition du Festival International du Film de La Rochelle, RFI, 29 juin 2012 (interview de Prune Engler, directrice du Festival, 19 min).
  24. anglais Louisa Lim, Director Seeks To Capture Life In Modern Tibet, NPR, 30 juin 2009 : Modèle:Citation étrangère
  25. Louisa Lim, Modèle:Opcit : Modèle:Citation étrangère
  26. anglais Tibetan filmmaker wins ‘Best Feature’ at Brooklyn Film Festival, Phayul.com, 11 juin 2012
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